Plus vite mais pas forcément mieux

07 décembre 2017

Le plaidoyer en faveur de l’hospitalisation de jour est sans aucune doute une très bonne chose sur le plan budgétaire… mais, comme le souligne le Dr Maes, cette approche ne peut pas être privilégiée au détriment du patient. Des recherches réalisées par le Dr Björn Stessel (Jessa Ziekenhuis, Hasselt) viennent étayer ces réticences.

Àpeine 17 % des patients opérés à l’hôpital de jour sont déjà bien rétablis quatre jours après l’opération. L’hospitalisation de jour présente d’indéniables avantages, mais ce n’est pas parce que le patient rentre chez lui après l’intervention qu’il est immédiatement remis sur pied !

L’anesthésiste Björn Stessel s’est penché sur le cas de 1.200 patients qui avaient subi à l’hôpital de jour une intervention courante, telle qu’une arthroscopie du genou, une cure d’hernie inguinale, une intervention anale, une cholécystectomie ou le retrait de vis ou de plaques. Globalement, ils n’étaient que 17 % à être bien remis quatre jours après l’opération ; cette proportion était même de 0 % chez ceux qui avaient subi une chirurgie vésicale et ne dépassait pas 4,9 % après une opération du genou ou de l’épaule. Les chiffres étaient par contre sensiblement meilleurs pour les interventions au niveau de l’utérus (43 %) et du larynx (60 %).

Une partie du problème réside dans l’antalgie. Six patients sur dix se plaignaient encore d’avoir mal après quatre jours, mais un tiers d’entre eux ne prenaient pas les antidouleurs qui leur avaient été prescrits.

D’après le Dr Stessel, la grande différence entre l’hospitalisation classique et l’hospitalisation de jour réside donc dans le suivi… ou, plus exactement, dans son absence.

Désirée De Poot