L’ABDH à Singapour

Les soins sont de meilleure qualité quand ils sont cofinancés par le citoyen

07 décembre 2017

Singapour consacre à ses soins de santé une part de son PIB de moitié inférieure à celle que nous dépensons pour ce poste en Belgique… mais occupe pourtant la deuxième place du Bloomberg Healthcare Efficiency Ranking pour 2016, où notre pays ne figure qu’en 36e position. Comment la cité-État a-t-elle réussi ce tour de force et, surtout, quels enseignements pouvons-nous en tirer ? L’Association belge des directeurs d’hôpitaux s’est rendue sur place avec une quarantaine de participants pour un voyage d’étude de cinq jours. La formule magique ? Une démocratie dirigée et une réelle vision à long terme.

Singapour compte un peu moins de 6 millions d’habitants (soit moitié moins que la Belgique), mais cela ne l’empêche pas de se distinguer au niveau international lorsqu’il est question d’organiser efficacement ses soins de santé. Bien qu’elle occupe la 6e place dans le classement de l’OMS (où la Belgique est 21e) et la 2e dans le Bloomberg Healthcare Efficiency ranking (où la Belgique est 36e), la métropole asiatique consacre à peine 4,9 % de son PIB aux soins de santé, contre 10,6 % chez nous.

Le point de départ de l’approche singapourienne est d’assurer à tous des soins financièrement abordables. Les hôpitaux publics proposent donc une offre de base accessible à prix démocratiques, même s’il existe aussi des chambres de luxe pour ceux qui sont prêts à mettre la main au portefeuille, et certaines prestations sont carrément gratuites. Il existe des structures de soins aussi bien publiques que privées… et la concurrence entre les deux filières repose sur une seule arme, celle de la qualité.

Toute personne qui a besoin de soins peut les demander directement à celui qui les dispense, sans passer par un intermédiaire. Les habitants de Singapour doivent toutefois souscrire une assurance obligatoire via Medisave. En moyenne, ils consacrent environ 37 % de leurs revenus à financer les soins de santé, l’offre résidentielle et l’enseignement ; la part des soins de santé peut aller de 8 à 10,5 % de leurs revenus, suivant leur âge. Il convient toutefois de préciser ici que les allocations de chômage ne pèsent vraiment pas lourd dans le budget de la sécurité sociale, le taux d’inactivité s’élevant à 2 % à peine. Les autorités partent du principe que le citoyen est coresponsable des soins de santé et qu’il adoptera un comportement plus réfléchi s’il est forcé de s’inscrire dans un système de cofinancement. Elles se réservent toutefois aussi certaines décisions, contrôlant et limitant les dépenses en s’assurant d’avoir leur mot à dire dans les investissements de haute technologie. Elles organisent également le dossier médical des patients à l’échelon national et l’achat en vrac des médicaments.

Le paysage hospitalier se compose de trois grands groupements intégrés couvrant environ 1,5 million d’habitants chacun. Une grande attention est accordée à la prévention, à l’éducation, à l’action communautaire et au traitement des maladies chroniques.

Vieillissement

Singapour est toutefois aussi largement confrontée aux mêmes problèmes que nous, dont en particulier une croissance explosive du nombre de patients âgés et un manque de prestataires. Le gouvernement est toutefois convaincu de pouvoir résoudre bien des problèmes grâce à l’innovation technologique et investit donc beaucoup dans ce poste, notamment en encourageant l’entrepreneuriat dans le domaine des technologies de santé. Elle stimule aussi les collaborations avec les établissements de soins et l’industrie pour permettre à de nouvelles entreprises de développer des solutions innovantes et d’introduire des technologies nouvelles.

Les personnes qui ont pris part à ce voyage en ont retenu trois grands défis : comment organiser les soins encore plus près des bénéficiaires (comprenez, comment passer du niveau hospitalier au niveau communautaire ? ), comment les développer de façon durable (comment passer de soins de qualité à des soins à haute valeur ajoutée ? ) et enfin, comment stimuler la population à endosser un rôle actif dans une vie plus longue et en meilleure santé (comment passer d’une approche qui soigne la maladie à une approche qui soigne la santé ? ).

www.ziekenhuisdirecteurs.be/fr

Désirée De Poot

L’anesthésiste Philippe Devos élu « spécialiste de l’année »

L’anesthésiste francophone Philippe Devos et l’ophtalmologue flamand Piet Noë sont les deux lauréats de cette première édition du prix du « Spécialiste de l’année », qui vise à récompenser un médecin spécialiste qui s’acquitte de sa mission d’une manière à la fois scientifique, sociale et attentive au patient.

Le CHR Mons-Hainaut lance son application smartphone : « Mon CHR »

Mon CHR, première en Belgique, offre un panel d’outils et de fonctionnalités aux patients et à leur famille, mais également à tous les visiteurs.

Que ce soit sur internet (http : //eonix.chrmh.be/auth) ou auprès d’une des bornes interactives situées aux accueils des sites Saint-Joseph et Warquignies, patients et visiteurs du CHR Mons-Hainaut peuvent désormais compter sur l’application gratuite « Mon CHR », pour avoir accès à toutes les informations pratiques de l’hôpital, mais aussi leur dossier médical, ou encore la liste des pharmacies et médecins de garde. 4 volets gorgé d’infos L’application se présente en 4 volets : mes sites, à l’hôpital, mes données et outils.

MES SITES

Le patient y trouvera toutes les informations pratiques et coordonnées de contacts (numéros de téléphone, mails, localisation, horaires…) concernant les sites Warquignies et Saint-Joseph ainsi que la liste des centres de prélèvements et leurs coordonnées.

À L’HÔPITAL

Cet onglet regorge d’outils pratiques et d’informations : services médicaux, liste des médecins, horaires, estimation du temps d’attente aux urgences, commande de repas, cultes, services externes, offres d’emploi, wifi, programmation cinéma, actualités du CHR, etc… Le patient pourra également s’orienter dans l’hôpital via un onglet « localisation ».

MES DONNÉES

C’est ici que le patient retrouvera son dossier médical ainsi que de nombreuses fonctionnalités : préinscription et file d’attente estimée aux urgences, liste de vos soignants, prise de rendez-vous en ligne, factures, protocoles de radiologie et de laboratoire, vaccins, mutuelles et assurances…

OUTILS

Cette partie donne accès à la liste des pharmacies et médecins de garde dans la région ainsi qu’à tous les numéros de secours. Le patient pourra également se servir d’un outil de suivi de la prise de médicaments.

Laurent Zanella