Accréditation : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

19 avril 2018

On parle beaucoup ces derniers temps des trajets d’accréditation, et la plupart des hôpitaux dignes de ce nom ont aujourd’hui rejoint la JCI ou le NIAZ. On observe toutefois aussi dans nombre d’établissements une réticence croissante… et c’est bien compréhensible, estime Dominique Vandijck. « En soi, l’accréditation est une idée formidable : jamais encore nous n’avions engrangé aussi rapidement des bénéfices aussi importants en termes de sécurité des patients, et il faut donc se garder de jeter le bébé avec l’eau du bain. D’un autre côté, les systèmes d’accréditation actuels se tirent un peu une balle dans le pied à force d’être trop pointilleux, car cela commence à sérieusement lasser certains. Cela dit, on peut se demander quelles sont les alternatives, car ce n’est évidemment que si nous disposons d’un bon plan B mieux adapté au fonctionnement de nos hôpitaux que nous pourrons envisager d’abandonner en tout ou en partie les systèmes actuels… et force est bien de constater que pour l’heure, cette alternative n’existe pas. En même temps, nous devons aussi oser réagir, car nous pouvons fortement influencer les facteurs contextuels. À mon sens, l’accréditation d’un hôpital, ce sont les fondations et le gros-œuvre : à nous, ensuite, d’en adapter l’architecture intérieure – et sur ce plan, on peut faire preuve d’énormément de créativité et de sens de l’innovation. Nous devons évoluer d’une qualité extrinsèque vers une qualité intrinsèque, ce qui n’est possible qu’à condition de susciter une prise de conscience… et pour le coup, les systèmes d’accréditation actuels ont au moins eu ce mérite. »